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une science spirituelle et anthroposophique

Ce qui caractérise l’anthroposophie, par rapport aux auteurs réactionnaires comme Guénon et Evola, ou à ceux de la théosophie par exemple, c’est qu’elle accorde une place très importante à la science moderne, née en Europe au 17 ème siècle (en fait un peu avant, chez Copernic bien sûr, et même, selon Steiner, chez Nicolas de Cuse au 15 ème siècle).

René Guénon passe son temps à dénigrer de façon méprisante la science moderne « dont l’Occident est si fier », science qu’il ne connaissait pas puisqu’il avait « abandonné » l’étude en classe de Math Spé, sans passer les concours : il lui oppose une « science traditionnelle » dont il ne donne que de vagues aperçus.

Steiner est beaucoup plus précis, dans ses écrits comme « Apparition  des sciences naturelles » : la science moderne correspond à l’ère de l’âme de conscience, où l’humanité doit conquérir la liberté intérieure, et il faut pour cela que tous les liens avec le monde spirituel soient coupés. Il existait certes avant une « science », mais du’une espèce totalement différente, puisque les hommes « voyaient » encore les réalités spirituelles.

Steiner démontre, et il est en cela en total accord avec des philosophes comme Brunschvicg (qui a été l’inspirateur principal )de tous mes blogs jusqu’ici, ou Alexandre Kojève, philosophe marxiste et athée, très grand philosophe au demeurant, que l’émergence de la science moderne à ses débuts (jusqu’au début du 18 ème siècle) est une conséquence et une poursuite du christianisme, consistant en une « christianisation » de la science du moyen âge (qui était aussi la science dite « islamique) , et qui était d’essence aristotélicienne.

Cette volonté de « christianiser » la science est sensible chez Copernic (qui était ecclésiastique) tout autant que chez le « cartésien » Malebranche (1638-1715), qui était oratorien, savant et philosophe.

Mais alors :

si la science moderne représente un état d’achèvement et d’ascèse intellectuelle (donc morale et religieuse) si parfaite de l’esprit humain,  pourquoi notre époque, loin d’être devenue parfaitement chrétienne, est elle matérialiste, c’est à dire selon notre terminologie : ahrimanienne ?

le déclin commence à mon avis juste à la mort de Malebranche (qui se situe la même année que celle de Louis XIV).

« L’explication » que j’avais donnée jusqu’ici était la suivante :

les premières découvertes techniques , qui aboutiront par la suite à l’essor de l’industrie, puis au chemin de fer, à l’automobile, à l’aviation, commencent vers 1720 en Angleterre avec les premières machines à vapeur ; il s’est passé que l’homme, l’homme européen faustien (cf « Le déclin de l’Occident » de spengler) s’est laissé « fasciner » , « enchanter » (au sens diabolique) par cette nouvelle puissance technicienne sur la « nature » (extérieure, pas intérieure ).

Il en a oublié la vocation première de la science, qui est, comme le dit Steiner, d’ordre spirituel !

seulement est ce vraiment une « explication » qui va jusqu’au fond des choses ?

non, plutôt une « description » de ce qui s’est passé !

car la question demeure : pourquoi l’homme s’est il laissé « fasciner » et détourner de sa véritable tâche , fixée par Dieu (ou les hiérarchies spirituelles, selon le vocabulaire anthroposophique), qui était de former un Moi libre capable ensuite de remplir la « mission divine » de l’humanité : remplir le cosmos de sagesse initial par des impulsions d’amour ???

là j’étais bloqué !

seule l’anthroposophie va plus loin, et donne une réponse , mais qui pourra sembler scandaleuse et « politiquement incorrecte » à beaucoup : la science moderne, de chrétienne qu’elle était à ses débuts coperniciens, cartésiens, malebranchistes,  a été « envahie » d’influences ahrimaniennes (matérialistes) que Steiner nomme « arabisme » , et que je nomme pour ma part « islamiques ».

Un auteur comme Robert Powell (dans « 2012 and the coming of Antichrist ») se défend de toute intention « islamophobe », et préfère donc le terme « arabisme » : j’avoue que je ne vois pas très bien comment cela pourrait être jugé « moins incorrect » !

L’Islam n’est rien d’autre qu’une hérésie chrétienne, comme le pense le grand auteur C S Lewis!

L’Islam, ce n’est rien d’autre que le dernier aboutissement des sectes dites nazaréennes ou « ébionites » : c’est un ébionite, Waraqa Bin Nawfal, qui a écrit le Coran, voir mon article :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/26/les-origines-nazareennes-de-lislam-et-du-coran/

certes, là aussi, l’anthroposophie a une explication pour l’essor foudroyant de l’Islam au 7 ème siècle, comparable à celui du nazisme : il s’agissait de susciter une « contre-influence », une sorte de « paratonnerre » ,  aux influences démoniaques de l’Académie de Gondishapour, résultant d’une première agression soratienne (= ahrimanienne + luciférienne) contre l’humanité, et visant à la doter 8 siècles avant la date prévue pour l’époque de l’âme de conscience, d’une science comparable à celle du 17 ème siècle.

Cet essor de l’Islam quand il se produit est donc « voulu » par les Hiérarchies, mais cela ne veut pas dire que l’Islam n’est pas anti-christique, et donc de l’ordre du Mal !

De même on a utilisé des bomardements monstrueux pour lutter contre Hitler : cela ne veut pas dire que les bombardements sont le Bien !

bref nous en arrib=vons, de nos jours, à un état de fait où la science, complètement ahrimanisée, n’a plus rien à voir avec ses débuts coperniciens et cartésiens, et est devenue le principal problème au lieu d’être la solution.

Elle ne redeviendra émancipatrice, donc la solution au lieu du problème, que si elle est « dés-ahrimanisée » et « spiritualisée ».

C’est ici qu’interviennent les travaux, tout à fait scientifiques, mais dépassant totalement la science « officielle » (bénéficiant de budgets énormes, dont l’efficacité n’est pas toujours validée, voire pas souvent) , de certains chercheurs comme Nick Thomas, George Adams , Olive Witcher, et bien d’autres…

Ils prennent comme cadre mathématique, comme l’avait préconisé Rudolf Steiner, la géométrie projective, qui correspond exactement à l’ ère de l’âme de conscience, puisqu’elle est la géométire de la « perspective » en peinture, qui émerge  à la Renaissance.

il existe un livre tout à fait intéressant de Nick Thomas :

« Science between space and counterspace »

qui est lisible partiellement sur Google :

http://books.google.fr/books?id=VKqjKfeo3iwC&pg=PA46&lpg=PA46&dq=nick+thomas+science+between+space+and+counterspace&source=bl&ots=bSd6jQSLx_&sig=nH4pg_La0N0qPkx6dN9_ZEIczlc&hl=fr&sa=X&ei=QCX8T43QMqqx0QWqgKmbBw&ved=0CFEQ6AEwADgK#v=onepage&q=nick%20thomas%20science%20between%20space%20and%20counterspace&f=false

Si, comme j’en suis persuadé depuis toujours, la science moderne représente un stade crucial sur le chemin spirituel de l’humanité, rien n’est plus important que de « spiritualiser » cette science enlisée  dans le gouffre « ahrimanien » (ou, selon la terminologie d’Husserl dans la Krisis, dans le naturalisme).

Je me propose donc ici d’étudier cette science « anthroposophique » et goethéenne.

Et, pour commencer, son instrument : la géométrie projective…

DIEU EST MORT

http://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-jean/3282-chapitre-19

Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau d’écarlate, et Pilate leur dit:

« Voici l’homme. »

 

 

 

DIEU EST MORT

en cette formule réside à mon sens tout le christianisme, c’est à dire toute la Vérité.

mais, bien sûr, la Vérité qui est Dieu, la voie, la vérité et la vie, ne peut résider en une formule…pas plus que Dieu, le Parfait, l’Immortel, l’Eternel, l’Infini, ne peut mourir et s’anéantir…

Parménide : l’Etre est, le non-être n’est pas

http://philoctetes.free.fr/uniparmenide.htm

« Allons, je vais te dire et tu vas entendre
quelles sont les seules voies de recherche ouvertes à l’intelligence;
l’une, que l’être est, que le non-être n’est pas,
chemin de la certitude, qui accompagne la vérité »

Krishna ne dit pas autre chose :

http://fr.wikisource.org/wiki/La_Bhagavad_G%C3%AEt%C3%A2/Chapitre_2

« Jamais ne fut le temps où nous n’existions, Moi, toi et tous ces rois ; et jamais aucun de nous ne cessera d’être.

« Les maîtres de la vérité ont conclu à l’éternité du réel et à l’impermanence de l’illusoire, et ce, après avoir étudié leur nature respective.

L’Etre EST : il ne peut pas « ne pas être »

Cela coule de source !

et pourtant :

DIEU EST MORT

ce n’est pas une vérité, comme « la marquise sortit à 5 heures » ou « tout corps fini est commutatif »

C’est La Vérité

« Aussitôt que la vérité trouve un ennemi à sa taille, elle dépose l’armure de l’ubiquité et se bat avec les ressources même de sa condition ». (René Char)

Badiou commente longuement cet aphorisme de Char  le 15 décembre 2004 :

http://www.entretemps.asso.fr/Badiou/04-05.htm

Badiou pense la formule « Dieu est mort » comme la mort du Dieu vivant de la foi (chrétienne), pas la mort du dieu -géomètre des philosophes, qui n’a jamais été vivant.

Il distingue de ces deux là le « dieu des poètes » , que d’autres cherhcent comme le « dieu à venir de la poésie » (poésie comme aboutissement de la métaphysique ):

http://noesis.revues.org/index34.html

« Alain Badiou a proposé une définition du type de rapport spécifique qu’implique ce « Dieu des poètes », qui n’est ni le Dieu vivant des religions chrétiennes, ni le Dieu-géomètre des philosophies classiques. Ni mort avec la foi comme le premier, ni invalidé par la critique de la métaphysique comme le second, il s’est simplement retiré et doit un jour faire retour. La tâche propre du poète, selon la lecture de Heidegger que fait Alain Badiou, est alors de porter dans la langue la pensée de ce retrait et « de concevoir le problème de son retour comme une incise ouverte dans ce dont la pensée est capable3 » . Le rapport au Dieu poétique n’est donc ni un rapport de deuil, comme celui qu’implique le Dieu mort des religions, ni un rapport critique, comme celui qui convient au Dieu-Principe des métaphysiques, mais un rapport, au sens propre, nostalgique« 

seulement aucune de ces pensée ne s’élève à la hauteur de l’inouï évangile nietzschéen , que le Prométhée fracassé de Sils Maria a payé..de sa vie et de son sang (le sang comme gage du sérieux des écrits, des formules) . Et certainement pas Badiou, contrairement à ce qu’il pense..de lui même :

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20091217.BIB4616/finkielkraut-badiou-le-face-a-face-2-5.html

« Ces questions sont insignifiantes, c’est ça ma conviction. Moi je suis sur ces questions un nietzschéen rigoureux. Dieu est mort, et depuis longtemps. Donc il faut partir de l’idée que quand on est face à de phénomènes dits de civilisation ou de religion, ils dissimulent autre chose que leur qualité apparente. Qu’est-ce qui se tient vraiment là-derrière ? On ne voit pas de nouvelles figures mystiques, des  penseurs religieux profonds, une théologie novatrice, etc. On ne voit rien de ce genre. On voit des agitateurs organisés, des attentats anonymes, des phraséologies tout à fait stéréotypées. »

http://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra/Premi%C3%A8re_partie/Le_prologue_de_Zarathoustra

« Et que fait le saint dans les bois ? » demanda Zarathoustra.

Le saint répondit : « Je fais des chants et je les chante, et quand je fais des chants, je ris, je pleure et je murmure : c’est ainsi que je loue Dieu.

Avec des chants, des pleurs, des rires et des murmures, je rends grâce à Dieu qui est mon Dieu. Cependant quel présent nous apportes-tu ? »

Lorsque Zarathoustra eut entendu ces paroles, il salua le saint et lui dit : « Qu’aurais-je à vous donner ? Mais laissez-moi partir en hâte, afin que je ne vous prenne rien ! » — Et c’est ainsi qu’ils se séparèrent l’un de l’autre, le vieillard et l’homme, riant comme rient deux petits garçons.

Mais quand Zarathoustra fut seul, il parla ainsi à son cœur : « Serait-ce possible ! Ce vieux saint dans sa forêt n’as pas encore entendu dire que Dieu est mort »

et si Nietzsche , ce Nietzsche « en lutte contre son temps » qui fut avec Goethe le Maître du jeune Rudolf Steiner, la « condition sine qua non » sans laquelle le christianisme de Steiner n’aurait jamais vraiment rompu avec… les discours poétiques ou rationnels ou mystiques sur Dieu, sans laquelle cette révolution de pensée qu’est l’anthroposophie n’ aurait jamais émergé…

et si Nietzsche était par dessus tout et tous…

chrétien ????

lisons la suite du discours de Zarathoustra, qui explicite la « formule » :

« Voici, je vous enseigne le Surhumain !

Le Surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le Surhumain soit le sens de la terre.

Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espoirs supraterrestres ! Ce sont des empoisonneurs, qu’ils le sachent ou non.

Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds et des empoisonnés eux-mêmes, de ceux dont la terre est fatiguée : qu’ils s’en aillent donc !

Autrefois le blasphème envers Dieu était le plus grand blasphème, mais Dieu est mort et avec lui sont morts ses blasphémateurs. Ce qu’il y a de plus terrible maintenant, c’est de blasphémer la terre et d’estimer les entrailles de l’impénétrable plus que le sens de la terre ! »

Autrefois : avant le Golgotha !

lors du Mystère du Golgotha, Dieu s’est lié à la Terre, en assumant la condition humaine mortelle et en répandant son…Sang !

c’est cela, l’ affirmation anthroposophique, et rien d’autre : et je la vois préfigurée en le discours de Zarathoustra !

Le sens de la terre c’est :

DIEU EST MORT

acte d’Amour incompréhensible et plus Absolu que tout absolu pensable ou non

Il y a la Terre comme planète qui se meut dans l’espace : Copernic, science moderne.

Et il y a la terre qui « remonte au ciel » (dans le malebranchisme, la philosophie chrétienne par excellence), qui n’est autre que le sens de la terre, chez Nietzsche et Steiner.

le miracle, la Véritévivante (et non plus factuelle ou géométrique) , consiste à faire tenir ensemble ces deux « terres » !

C’est le mystère du Golgotha qui accomplit ce miracle!

J’ai longtemps cité ces lignes de Brunschvicg comme accomplissement de toute la philosophie :

« Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.

 

Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire…. »

au fond, il est là, le passage de la philosophie à l’anthroposophie :

car comment l’expansion infinie de l’intelligence sera t’elle obtenue , sinon en méditant sans cesse cet acte absolument incompréhensible de Dieu qui se fait homme et meurt ?

et où l’absolu désintéressement de l’amour sera t’il trouvé, sinon dans cet acte d’Amour absolu de Dieu endossant la condition humaine, sur la Terre qui virevolte dans l’espace ?

http://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-jean/3282-chapitre-19

Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau d’écarlate, et Pilate leur dit:

« Voici l’homme. »

 

 

 

DIEU EST MORT

en cette formule réside à mon sens tout le christianisme, c’est à dire toute la Vérité.

mais, bien sûr, la Vérité qui est Dieu, la voie, la vérité et la vie, ne peut résider en une formule…pas plus que Dieu, le Parfait, l’Immortel, l’Eternel, l’Infini, ne peut mourir et s’anéantir…

Parménide : l’Etre est, le non-être n’est pas

http://philoctetes.free.fr/uniparmenide.htm

« Allons, je vais te dire et tu vas entendre
quelles sont les seules voies de recherche ouvertes à l’intelligence;
l’une, que l’être est, que le non-être n’est pas,
chemin de la certitude, qui accompagne la vérité »

Krishna ne dit pas autre chose :

http://fr.wikisource.org/wiki/La_Bhagavad_G%C3%AEt%C3%A2/Chapitre_2

« Jamais ne fut le temps où nous n’existions, Moi, toi et tous ces rois ; et jamais aucun de nous ne cessera d’être.

« Les maîtres de la vérité ont conclu à l’éternité du réel et à l’impermanence de l’illusoire, et ce, après avoir étudié leur nature respective.

L’Etre EST : il ne peut pas « ne pas être »

Cela coule de source !

et pourtant :

DIEU EST MORT

ce n’est pas une vérité, comme « la marquise sortit à 5 heures » ou « tout corps fini est commutatif »

C’est La Vérité

« Aussitôt que la vérité trouve un ennemi à sa taille, elle dépose l’armure de l’ubiquité et se bat avec les ressources même de sa condition ». (René Char)

Badiou commente longuement cet aphorisme de Char  le 15 décembre 2004 :

http://www.entretemps.asso.fr/Badiou/04-05.htm

Badiou pense la formule « Dieu est mort » comme la mort du Dieu vivant de la foi (chrétienne), pas la mort du dieu -géomètre des philosophes, qui n’a jamais été vivant.

Il distingue de ces deux là le « dieu des poètes » , que d’autres cherhcent comme le « dieu à venir de la poésie » (poésie comme aboutissement de la métaphysique ):

http://noesis.revues.org/index34.html

« Alain Badiou a proposé une définition du type de rapport spécifique qu’implique ce « Dieu des poètes », qui n’est ni le Dieu vivant des religions chrétiennes, ni le Dieu-géomètre des philosophies classiques. Ni mort avec la foi comme le premier, ni invalidé par la critique de la métaphysique comme le second, il s’est simplement retiré et doit un jour faire retour. La tâche propre du poète, selon la lecture de Heidegger que fait Alain Badiou, est alors de porter dans la langue la pensée de ce retrait et « de concevoir le problème de son retour comme une incise ouverte dans ce dont la pensée est capable3 » . Le rapport au Dieu poétique n’est donc ni un rapport de deuil, comme celui qu’implique le Dieu mort des religions, ni un rapport critique, comme celui qui convient au Dieu-Principe des métaphysiques, mais un rapport, au sens propre, nostalgique »

seulement aucune de ces pensée ne s’élève à la hauteur de l’inouï évangile nietzschéen , que le Prométhée fracassé de Sils Maria a payé..de sa vie et de son sang (le sang comme gage du sérieux des écrits, des formules) . Et certainement pas Badiou, contrairement à ce qu’il pense..de lui même :

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20091217.BIB4616/finkielkraut-badiou-le-face-a-face-2-5.html

« Ces questions sont insignifiantes, c’est ça ma conviction. Moi je suis sur ces questions un nietzschéen rigoureux. Dieu est mort, et depuis longtemps. Donc il faut partir de l’idée que quand on est face à de phénomènes dits de civilisation ou de religion, ils dissimulent autre chose que leur qualité apparente. Qu’est-ce qui se tient vraiment là-derrière ? On ne voit pas de nouvelles figures mystiques, des  penseurs religieux profonds, une théologie novatrice, etc. On ne voit rien de ce genre. On voit des agitateurs organisés, des attentats anonymes, des phraséologies tout à fait stéréotypées. »

http://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra/Premi%C3%A8re_partie/Le_prologue_de_Zarathoustra

« Et que fait le saint dans les bois ? » demanda Zarathoustra.

Le saint répondit : « Je fais des chants et je les chante, et quand je fais des chants, je ris, je pleure et je murmure : c’est ainsi que je loue Dieu.

Avec des chants, des pleurs, des rires et des murmures, je rends grâce à Dieu qui est mon Dieu. Cependant quel présent nous apportes-tu ? »

Lorsque Zarathoustra eut entendu ces paroles, il salua le saint et lui dit : « Qu’aurais-je à vous donner ? Mais laissez-moi partir en hâte, afin que je ne vous prenne rien ! » — Et c’est ainsi qu’ils se séparèrent l’un de l’autre, le vieillard et l’homme, riant comme rient deux petits garçons.

Mais quand Zarathoustra fut seul, il parla ainsi à son cœur : « Serait-ce possible ! Ce vieux saint dans sa forêt n’as pas encore entendu dire que Dieu est mort »

et si Nietzsche , ce Nietzsche « en lutte contre son temps » qui fut avec Goethe le Maître du jeune Rudolf Steiner, la « condition sine qua non » sans laquelle le christianisme de Steiner n’aurait jamais vraiment rompu avec… les discours poétiques ou rationnels ou mystiques sur Dieu, sans laquelle cette révolution de pensée qu’est l’anthroposophie n’ aurait jamais émergé…

et si Nietzsche était par dessus tout et tous…

chrétien ????

lisons la suite du discours de Zarathoustra, qui explicite la « formule » :

« Voici, je vous enseigne le Surhumain !

Le Surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le Surhumain soit le sens de la terre.

Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espoirs supraterrestres ! Ce sont des empoisonneurs, qu’ils le sachent ou non.

Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds et des empoisonnés eux-mêmes, de ceux dont la terre est fatiguée : qu’ils s’en aillent donc !

Autrefois le blasphème envers Dieu était le plus grand blasphème, mais Dieu est mort et avec lui sont morts ses blasphémateurs. Ce qu’il y a de plus terrible maintenant, c’est de blasphémer la terre et d’estimer les entrailles de l’impénétrable plus que le sens de la terre ! »

Autrefois : avant le Golgotha !

lors du Mystère du Golgotha, Dieu s’est lié à la Terre, en assumant la condition humaine mortelle et en répandant son…Sang !

c’est cela, l’ affirmation anthroposophique, et rien d’autre : et je la vois préfigurée en le discours de Zarathoustra !

Le sens de la terre c’est :

DIEU EST MORT

acte d’Amour incompréhensible et plus Absolu que tout absolu pensable ou non

Il y a la Terre comme planète qui se meut dans l’espace : Copernic, science moderne.

Et il y a la terre qui « remonte au ciel » (dans le malebranchisme, la philosophie chrétienne par excellence), qui n’est autre que le sens de la terre, chez Nietzsche et Steiner.

le miracle, la Véritévivante (et non plus factuelle ou géométrique) , consiste à faire tenir ensemble ces deux « terres » !

C’est le mystère du Golgotha qui accomplit ce miracle!

J’ai longtemps cité ces lignes de Brunschvicg comme accomplissement de toute la philosophie :

« Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n’est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n’est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l’Évangile, il faut aller jusqu’à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n’a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.

 Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l’expansion infinie de l’intelligence et l’absolu désintéressement de l’amour, l’unique vérité dont Dieu ait à nous instruire…. »

au fond, il est là, le passage de la philosophie à l’anthroposophie :

car comment l’expansion infinie de l’intelligence sera t’elle obtenue , sinon en méditant sans cesse cet acte absolument incompréhensible de Dieu qui se fait homme et meurt ?

et où l’absolu désintéressement de l’amour sera t’il trouvé, sinon dans cet acte d’Amour absolu de Dieu endossant la condition humaine, sur la Terre qui virevolte dans l’espace ?