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Philon d’Alexandrie : propriétés des NOMBRES

Philon d’Alexandrie est un exemple merveilleux de la symbiose entre judaïsme et hellénisme (qui est, au fond, le christianisme) dont je parlais récemment, et qu’évoque Emil Bock dans « Césars et apôtres ».

Sur le web on ne trouve ses oeuvres qu’en traduction anglaise :

http://www.earlyjewishwritings.com/philo.html

http://www.torreys.org/bible/philopag.html

http://www.earlychristianwritings.com/yonge/

http://archive.org/details/worksofphilojuda01yonguoft

mais le site francophone Remacle contient un fragement témoignant de cette antique « science qualitative » des nombres dont parle Rudolf Steiner et que je me risquais sur d’autres blogs à appeler « Arithmosophie » :

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/philon/nombre.htm

la motivation première de Philon est évidemment d’exégèse biblique, et part des six « jours » de la création au livre I de Genèse-Bereschit :

« Le nombre est intimement uni à l’ordre, et, parmi les nombres, le six est le type de la génération d’après les lois naturelles. En effet, après l’unité, il est le premier nombre parfait,étant égal à la somme de toutes ses parties et composé du trois, qui en est la moitié, du deux, qui en est le tiers, et de l’unité, qui en est le sixième (3 + 2 + 1 = 6/2·+ 6/3 + 6/6 = 6). En outre, il est, pour ainsi dire, d’une nature hermaphrodite et doué de la puissance de l’un et l’autre sexe ; car, parmi les nombres, l’impair, (ou surabondant) représente le mâle, et le pair, la femelle; or, le premier des nombres impairs est le trois, le premier des nombres pairs est le deux, le produit de l’un par l’autre est le six. Il convenait donc que l’univers, qui est la plus parfaite des choses créées, fût achevé sur le type du nombre parfait, qui est le six. Et comme, dans l’avenir, « le monde » devait être soumis à la loi de la génération de toutes choses par l’accouplement des sexes, il devait porter l’empreinte du premier nombre composé, impairement pair, formé par l’union du mâle (3), qui procrée, et de la femelle (2), qui conçoit. »

oui, un nombre tout à fait remarquable, ce 6 qui est celui du « numéro 6 » dans le feuilleton « Le prisonnier » qui annonçait la mondialisation ahrimanienne dès les années 60, et prévenait que l’opposition USA-URSS (ou « monde libre » contre « monde communiste ») n’était…que du vent !

une autre propriété extraordinaire du 6 est celle du « problème des 36 officiers » posé (et résolu) par Euler.

Supposez que vous ayiez , pour n =2,3,4,5,6,7,etc..un nombre carré n^2 (donc : 4,9,16,25,36,49, etc..) d’officiers appartenant à n régiments différents et à n grades différents; vous avez donc un officier et un seul pour chaque coupe (régiment, grade), exemple : un seul lieutenant pour Toulon, un seul capitaine pour Bordeaux, etc….ou encore : n capitaines répartis en n régiments, et idem pour les (n- 1) autres grades.

Vous voudriez ranger ces officiers en un carré de n lignes et n colonnes, mais de façon qu’en chaque ligne et chaque colonne il n’y ait qu’un seul officier de chaque grade et un seul officier de chaque régiment.

Un tel carré est appelé en algèbre combinatoire : carré gréco-latin.

Eh bien il est possible de ranger ainsi les n^2 officiers sauf si :

n = 2 ou n = 6

pour n = 2 c’est immédiat à voir: supposez que les grades soient lieutenant et capitaine, et les régiments soient Paris et Toulouse, vous avez donc pour Paris un lieutenant et un capitaine , et idem pour Toulouse.

Vous commencez par exemple par le lieutenant de Paris, sur sa ligne il doit y avoir un capitaine (pas deux officiers de même grade alignés) et qui ne soit pas de Paris, donc ce doit forcément être le capitaine de Toulouse.

Oui mais sur sa colonne le même raisonnement montre qu’il ne peut y avoir que le capitaine de Toulouse, or il est déjà pris pour la ligne..

donc impossibilité !

pour 6 c’est bien plus complexe, il existe plusieurs démonstrations, très difficiles (très difficiles à élaborer, ainsi qu’à lire et comprendre)!

donc vous pouvez ranger 9, 16, 25, 49, 64, 81, 100 ,etc… officiers en carré gréco-latin, mais pas 4 ni 36 !

mais revenons sur la propriété de 6 d’être le premier nombre parfait, c’est à dire à la fois somme et produit de ses diviseurs (autres que lui même) : les diviseurs de 6 sont :

1, 2 et 3

et :

6 = 1 + 2 + 3 = 1 x 2 x 3

les nombres parfaits suivants sont :

28 , 496, 8128,…

on ignore s’il existe des nombres parfaits impairs ; par contre on a déterminé depuis l’antiquité la forme que doivent avoir les nombres parfaits pais, qui sont en nombre infini :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_parfait

« Dans le Livre IX de ses Éléments, le mathématicien Euclide, au IIIe siècle av. J.-C., a prouvé que si M=2^p-1\, est premier, alors \frac{ M \cdot \left (M+1 \right )}{2} = 2^{p-1}(2^p - 1) est parfait.

Ainsi :

  • 6 = 2^1(2^2-1)
  • 28 = 2^2(2^3-1)
  • 496 = 2^4(2^5-1)
  • 8128 = 2^6(2^7-1)

Par ailleurs, Leonhard Euler, au XVIIIe siècle, a prouvé que tout nombre parfait pair est de la forme proposée par Euclide. La recherche de nombres parfaits pairs est donc liée à celle des nombres premiers de Mersenne (nombres premiers de la forme 2p − 1). »

ce statut « spécial » du nombre 6 n’est il pas lié au fait que ses diviseurs sont les trois premiers nombres entiers, et , selon certains, les trois premiers « nombres premiers » ?

depuis un siècle le nombre 1 n’est plus considéré comme un nombre premier, pour une raison liée au théorème fondamental d’unicité de la décomposition des entiers en facteurs premiers, des mathématiques modernes donc…

cependant il existe aussi des arguments pour considérer que 1 et premier, voir :

http://primefan.tripod.com/Prime1ProCon.html

et surtout les arguments, d’ordre « biblique » et non pas « arithmétique » de :

http://www.fivedoves.com/revdrnatch/Does_God_think_1_is_prime.htm

en tout cas, si 1 , 2 et 3 sont considérés comme nombres premiers, ce sont des nombres premiers tout à fait extraordinaires, puisqu’ils ne sont séparés que de 1 , et cela n’arrive plus jamais après.

De plus 2 et 3 sont les seuls nombres tels qu’il existe des puissances de ces nombres qui ne soient séparées que de 1, et cela aarive justement pour les puissances 2 et 3 :

3^2 – 2 ^3 = 9 – 8 = 1

en même temps bien sûr que :

3 – 2 = 1

C’est là le théorème de Catalan, qui n’a été démontré que tout récemment,  en 2002, après le théorème de Fermat (en 1994):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_de_Catalan

Selon le grand ésotériste Lacuria (l’abbé Lacuria)  dans « Les harmonies de l’être exprimées par les nombres », lisible en entier sur le web , les nombres 1 , 2 et 3 ne sont rien d’autre que la Sainte Trinité :

http://leserpentvert.wordpress.com/2010/02/04/lacuria-les-harmonies-de-letre/

http://leserpentvert.wordpress.com/2010/02/09/les-nombres-et-la-mathesis-universalis/

le livre de Lacuria est ici (2 tomes) :

http://mathesisuniversalis.over-blog.com/article-lacuria-les-harmonies-de-l-etre-tome-1-1847-76169323.html

http://mathesisuniversalis.over-blog.com/article-lacuria-les-harmonies-de-l-etre-tome-2-1847-76169874.html

et il y a aussi une édition de 1899 :

http://mathesisuniversalis.over-blog.com/article-lacuria-les-harmonies-de-l-etre-tome-1-1899-76170322.html

http://mathesisuniversalis.over-blog.com/article-lacuria-les-harmonies-de-l-etre-tome-2-1899-76170588.html

(les deux éditions sont aussi sur Gallica, d’où je les ai recopiées)

1 est le Père, ou en termes métaphysiques (grecs) : l’UN

2 est le Fils, le Christ-Logos, ou Verbe: il correspond à la discrimination , donc à la possibilité de distinguer « plusieurs » ; sans le Verbe, donc, pas de science, pas de connaissance, pas de conscience

il est donc prouvé métaphysiquement que l’Islam a tort, qui ne veut connaître que le 1, et pour lequel le Christ est un être « créé » :

http://www.jesussonofjohn.com/

Le Fils, le Verbe , est « auprès de Dieu  » (du Père, du UN) dans la Trinité, ce que prouve la possibilité de la science.

Le 3 est l’Esprit, retour de la multiplicité à l’unité.

La longue aventure de 4 siècles de la science moderne occidentale correspond à la science « objective » newtonienne, qui « sépare » l’unité primordiale de l’apparaître en phénomènes dits « objectifs ».

Cette aventure se clôt avec l’émergence de la mécanique quantique, dont les « paradoxes » révèlent que l’objectivité « distantiatrice » atteint ses limites.

Comme le dit le philosophe des sciences Michel Bitbol :

« il est vrai que, loin du voeu de passivité contemplative de Goethe, la physique quantique a prolongé et amplifié l’interventionnisme expérimental de la physique classique; mais, sauf à s’accomoder de la permanence de ses paradoxes, elle ne peut plus traiter l’expérimentation comme activité d’un sujet sur une nature pré-objectivée »

Bitbol oppose, comme Steiner, les deux physiques (classique et goethéenne-quantique) en prenant l’exemple particulièrement révélateur de la théorie des couleurs de Newton et de celle de Goethe :

« l’une, celle de Newton et de la physique classique, est distantiatrice, et l’autre, celle de Goethe, est participative. Dans l’une, l’observateur ne fait que contempler un phénomène qui se constitue indépendamment de lui, dans l’autre il est impliqué dans sa constitution….

Heisenberg fait retour vers Goethe parce qu’il a le sentiment que la démarche distantiatrice des premiers pas de la physique n’est pas universalisable… parvenu à sa pointe extrême, remarque Heisenberg, le projet séparateur s’est heurté à ses propres limites »

Il s’y est heurté dans la mécanique quantique, l’apparition de paradoxes en est la preuve…

mais avant 1925 (date où les débats philosophiques sur la physique quantique commencent) Rudolf Steiner avait déjà opté pour le dépassement de la science moderne (née au début de l’ère de l’âme de conscience, chez Nicolas de Cuse) vers la science goethéenne.

Il avait , dans « Les limites de la connaissance de la Nature », fait aussi appel à l’image d’un dépassement , à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur, du miroir de la connaissance sensible et de la « tapisserie » des phénomènes

Michel Bitbol quant à lui compare les physiciens « classiques » (newtonniens) cherchant les « causes cachées d’ordre mathématique des phénomènes, à des enfants qui passent « derrière le miroir » pour essayer d’empoigner ce que celui ci donne à voir.

Seulement Steiner ne dit pas de « passer derrière un miroir » (image matérialiste) : il annonce de nouveaux modes de connaissance, acquis par la pratique méditative (dont parle aussi Bitbol à propos de la démarche spirituelle du physicien Arthur Zajonc)

Bitbol : « tout ce qu’il y a à faire selon Goethe, à rebours de cette pulsion stérile, est de répertorier les phénomènes , de les lier à travers l’un d’entre eux qualifié d’Urphänomen , et de s’inscrire pleinment dans cet apparaître riche de tant de possibilités de transformations »

C’est aussi ce que dit Brunschvicg, pourtant très loin du « poète » Goethe , sur la nature relationnelle de la science, qu’il donne à voir dans la théorie de la relativité d’Einstein.

Brunschvicg, mort en 194, et en fuite dès 1940, n’a pas eu le temps hélas d’explorer les arcanes philosophiques de la physique quantique; de plus il me semble que le cadre mathématique pour cette science relationnelle (Brunschvicg) ou phénoménologique (Goethe) serait la théorie des catégories, née en 1945 (années apocalyptique s’il en fût !).

L »Urphänomen de goethe serait tout simplement un objet initial dans une certaine catégorie de « phénomènes ».

La possibilité de la science distantiatrice réside dans le 2, le Verbe rendant possible la discrimination, donc l’intelligibilité, la conscience libre et la soi-conscience; celle de la science « impliquée » (cf David Böhm et son « ordre impliqué ») réside dans le 3, le Saint Esprit.

L’évolution de la science depuis 1413 prouve donc la vérité du christianisme trinitaire et la fausseté de l’Islam (où « Dieu seul voit la fourmi noire sur une pierre noire sur la terre noire dans la nuit noire »); la possibilité du dépassement de la science « séparatrice » et donc de l’emprise technologique , visible dans la seule résolution possible des paradoxes quantiques, prouve la vérité de l’ anthroposophie, forme scientifique du christianisme, et annonçant la science goethéenne et le dépassement du matérialisme objectiviste et méthodologique de la science classique

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une science spirituelle et anthroposophique

Ce qui caractérise l’anthroposophie, par rapport aux auteurs réactionnaires comme Guénon et Evola, ou à ceux de la théosophie par exemple, c’est qu’elle accorde une place très importante à la science moderne, née en Europe au 17 ème siècle (en fait un peu avant, chez Copernic bien sûr, et même, selon Steiner, chez Nicolas de Cuse au 15 ème siècle).

René Guénon passe son temps à dénigrer de façon méprisante la science moderne « dont l’Occident est si fier », science qu’il ne connaissait pas puisqu’il avait « abandonné » l’étude en classe de Math Spé, sans passer les concours : il lui oppose une « science traditionnelle » dont il ne donne que de vagues aperçus.

Steiner est beaucoup plus précis, dans ses écrits comme « Apparition  des sciences naturelles » : la science moderne correspond à l’ère de l’âme de conscience, où l’humanité doit conquérir la liberté intérieure, et il faut pour cela que tous les liens avec le monde spirituel soient coupés. Il existait certes avant une « science », mais du’une espèce totalement différente, puisque les hommes « voyaient » encore les réalités spirituelles.

Steiner démontre, et il est en cela en total accord avec des philosophes comme Brunschvicg (qui a été l’inspirateur principal )de tous mes blogs jusqu’ici, ou Alexandre Kojève, philosophe marxiste et athée, très grand philosophe au demeurant, que l’émergence de la science moderne à ses débuts (jusqu’au début du 18 ème siècle) est une conséquence et une poursuite du christianisme, consistant en une « christianisation » de la science du moyen âge (qui était aussi la science dite « islamique) , et qui était d’essence aristotélicienne.

Cette volonté de « christianiser » la science est sensible chez Copernic (qui était ecclésiastique) tout autant que chez le « cartésien » Malebranche (1638-1715), qui était oratorien, savant et philosophe.

Mais alors :

si la science moderne représente un état d’achèvement et d’ascèse intellectuelle (donc morale et religieuse) si parfaite de l’esprit humain,  pourquoi notre époque, loin d’être devenue parfaitement chrétienne, est elle matérialiste, c’est à dire selon notre terminologie : ahrimanienne ?

le déclin commence à mon avis juste à la mort de Malebranche (qui se situe la même année que celle de Louis XIV).

« L’explication » que j’avais donnée jusqu’ici était la suivante :

les premières découvertes techniques , qui aboutiront par la suite à l’essor de l’industrie, puis au chemin de fer, à l’automobile, à l’aviation, commencent vers 1720 en Angleterre avec les premières machines à vapeur ; il s’est passé que l’homme, l’homme européen faustien (cf « Le déclin de l’Occident » de spengler) s’est laissé « fasciner » , « enchanter » (au sens diabolique) par cette nouvelle puissance technicienne sur la « nature » (extérieure, pas intérieure ).

Il en a oublié la vocation première de la science, qui est, comme le dit Steiner, d’ordre spirituel !

seulement est ce vraiment une « explication » qui va jusqu’au fond des choses ?

non, plutôt une « description » de ce qui s’est passé !

car la question demeure : pourquoi l’homme s’est il laissé « fasciner » et détourner de sa véritable tâche , fixée par Dieu (ou les hiérarchies spirituelles, selon le vocabulaire anthroposophique), qui était de former un Moi libre capable ensuite de remplir la « mission divine » de l’humanité : remplir le cosmos de sagesse initial par des impulsions d’amour ???

là j’étais bloqué !

seule l’anthroposophie va plus loin, et donne une réponse , mais qui pourra sembler scandaleuse et « politiquement incorrecte » à beaucoup : la science moderne, de chrétienne qu’elle était à ses débuts coperniciens, cartésiens, malebranchistes,  a été « envahie » d’influences ahrimaniennes (matérialistes) que Steiner nomme « arabisme » , et que je nomme pour ma part « islamiques ».

Un auteur comme Robert Powell (dans « 2012 and the coming of Antichrist ») se défend de toute intention « islamophobe », et préfère donc le terme « arabisme » : j’avoue que je ne vois pas très bien comment cela pourrait être jugé « moins incorrect » !

L’Islam n’est rien d’autre qu’une hérésie chrétienne, comme le pense le grand auteur C S Lewis!

L’Islam, ce n’est rien d’autre que le dernier aboutissement des sectes dites nazaréennes ou « ébionites » : c’est un ébionite, Waraqa Bin Nawfal, qui a écrit le Coran, voir mon article :

http://horreurislamique.wordpress.com/2012/03/26/les-origines-nazareennes-de-lislam-et-du-coran/

certes, là aussi, l’anthroposophie a une explication pour l’essor foudroyant de l’Islam au 7 ème siècle, comparable à celui du nazisme : il s’agissait de susciter une « contre-influence », une sorte de « paratonnerre » ,  aux influences démoniaques de l’Académie de Gondishapour, résultant d’une première agression soratienne (= ahrimanienne + luciférienne) contre l’humanité, et visant à la doter 8 siècles avant la date prévue pour l’époque de l’âme de conscience, d’une science comparable à celle du 17 ème siècle.

Cet essor de l’Islam quand il se produit est donc « voulu » par les Hiérarchies, mais cela ne veut pas dire que l’Islam n’est pas anti-christique, et donc de l’ordre du Mal !

De même on a utilisé des bomardements monstrueux pour lutter contre Hitler : cela ne veut pas dire que les bombardements sont le Bien !

bref nous en arrib=vons, de nos jours, à un état de fait où la science, complètement ahrimanisée, n’a plus rien à voir avec ses débuts coperniciens et cartésiens, et est devenue le principal problème au lieu d’être la solution.

Elle ne redeviendra émancipatrice, donc la solution au lieu du problème, que si elle est « dés-ahrimanisée » et « spiritualisée ».

C’est ici qu’interviennent les travaux, tout à fait scientifiques, mais dépassant totalement la science « officielle » (bénéficiant de budgets énormes, dont l’efficacité n’est pas toujours validée, voire pas souvent) , de certains chercheurs comme Nick Thomas, George Adams , Olive Witcher, et bien d’autres…

Ils prennent comme cadre mathématique, comme l’avait préconisé Rudolf Steiner, la géométrie projective, qui correspond exactement à l’ ère de l’âme de conscience, puisqu’elle est la géométire de la « perspective » en peinture, qui émerge  à la Renaissance.

il existe un livre tout à fait intéressant de Nick Thomas :

« Science between space and counterspace »

qui est lisible partiellement sur Google :

http://books.google.fr/books?id=VKqjKfeo3iwC&pg=PA46&lpg=PA46&dq=nick+thomas+science+between+space+and+counterspace&source=bl&ots=bSd6jQSLx_&sig=nH4pg_La0N0qPkx6dN9_ZEIczlc&hl=fr&sa=X&ei=QCX8T43QMqqx0QWqgKmbBw&ved=0CFEQ6AEwADgK#v=onepage&q=nick%20thomas%20science%20between%20space%20and%20counterspace&f=false

Si, comme j’en suis persuadé depuis toujours, la science moderne représente un stade crucial sur le chemin spirituel de l’humanité, rien n’est plus important que de « spiritualiser » cette science enlisée  dans le gouffre « ahrimanien » (ou, selon la terminologie d’Husserl dans la Krisis, dans le naturalisme).

Je me propose donc ici d’étudier cette science « anthroposophique » et goethéenne.

Et, pour commencer, son instrument : la géométrie projective…

« Comment c’est » de Samuel Beckett : situation de l’homme post-moderne « post-faustien »

si tout ça tout ça oui si tout ça n’est pas comment dire pas de réponse si tout ça n’est pas faux oui

tous ces calculs oui explications oui toute l’histoire d’un bout à l’autre complètement faux oui…

et cette histoire de procession pas de réponse cette histoire de procession oui jamais eu de procession non ni de voyage non…

non jamais eu personne non que moi pas de réponse que moi oui ça alors c’était vrai oui moi c’était vrai oui

et moi je m’appelle comment pas de réponse

MOI JE M’APPELLE COMMENT hurlements bon

que moi en tout cas oui seul oui dans la boue oui le noir oui ça tient oui la boue et le noir tiennent oui là rien à regretter

que moi oui seul oui avec ma voix oui mon murmure oui quand ça cesse de haleter oui tout ça tient oui de plus en plus fort oui

DE PLUS EN PLUS FORT oui aplati sur le ventre oui dans la boue oui le noir oui là rien à corriger non les bras en croix pas de réponse

LES BRAS EN CROIX pas de réponse OUI OU NON oui

seul dans la boue oui le noir oui sûr oui haletant oui quelqu’un m’entend non

personne ne m’entend non murmurant quelquefois oui quand ça cesse de haleter oui pas à d’autres moments non

dans la boue oui moi oui ma voix oui pas à un autre non

 à moi tout seul oui sûr oui quand ça cesse de haleter oui de loin en loin quelques mots oui quelques bribes oui

que personne n’entend oui mais de moins en moins pas de réponse

DE MOINS EN MOINS oui

alors ça peut changer pas de réponse finir pas de réponse

je pourrais suffoquer pas de réponse

m’engloutir pas de réponse

plus souiller la boue pas de réponse

le noir pas de réponse

plus troubler le silence pas de réponse

crever pas de réponse

CREVER hurlements

JE POURRAIS CREVER hurlements

JE VAIS CREVER hurlements bon »

La rencontre de Faust avec le Mal

Faust est le représentant de l’humanité moderne; Hans Castorp de « La montagne magique » aussi, d’ailleurs il existe de profondes proximités entre les deux oeuvres, ou plutôt les deux « mythes », car ce sont, comme le dit Thomas Mann au début de son oeuvre, des récits hermétiques. Dans tous les sens de ce terme.
 
Oswald Spengler, dans le « Déclin de l’Occident », qualifie d’ailleurs de « faustienne » l’humanité occidentale.

Que voulons nous dire par humanité occidentale ? l’humanité européenne ? l’humanité de race blanche ?

non, mais l’humanité « moderne », celle qui se situe en héritage de l’évènement de la science moderne, l’évènement copernicien-galiléen-cartésien.

Là encore, l’anthroposophie apporte un éclairage nouveau : car la période « moderne » coïncide avec celle de l’âme de conscience, qui commence selon Steiner en 1413. Un penseur important de cette époque, prédécesseur de ceux qui fondent la science, est Nicolas de Cuse.

Voir ce lien à propos du Faust de Goethe, on y trouve des liens donnant le texte complet des deux versions :

http://en.wikipedia.org/wiki/Goethe’s_Faust

Le plus pratique, pour ceux qui lisent mal l’allemand comme moi, est celui ci qui donne le texte original à gauche, et plusieurs traductions en anglais à droite :

http://www.einam.com/faust/index.html

La meilleure est évidemment celle de Coleridge, qui joue auprès d’Owen Barfield le même rôle que Goethe auprès de Rudolf Steiner.

L’humanité moderne, ou faustienne, celle de l’époque où doit être développée l’âme de conscience, est aussi celle qui doit rencontrer le Mal : car l’âme de conscience correspond à la liberté, et seul un être libre peut être soumis à la tentation du Mal. Le sens ultime , « métaphysique » de la science, c’est cela : enlever tous les appuis à l’homme pour qu’il développe la liberté, l’autonomie de la conscience.

Tel est le sens de la tentation de Faust par Méphistophélès.

Otto Julius Hartmann a écrit des choses belles et profondes sur cette histoire de Faust, qui commence la nuit, « dans une chambre gothique, étroite, à haute voûte« , : le cabinet de travail de Faust. Il s’agit d’un symbole de la « tête », de l »‘intellect coupé des autres parties de l’entité humaine : système rythmique (coeur) et abdominal. Il s’agit d’ailleurs de plus qu’une allégorie, ou de plus qu’une symbolisation : dans les termes de l’anthroposophie, il s’agit d’une véritable Imagination, d’une réalité spirituelle, vivante, qui doit être développée au moyen de la méditation.

Une Imagination de la cavité crânienne et cérébrale, à laquelle l’expérience de l’homme moderne est enchaînée.

 Les termes de la traduction de Coleridge rendent admirablementcette sécheresse, cette étroitesse, ce morne désespoir qui est l’atmosphère du cabinet de travail, c’est à dire de l’intelelct abstrait coupé des mondes spirituels supérieurs :

« Alas!
Still am I rooted, chain’d to this damp dungeon,
Where thro’ the painted glass ev’n heav’n’s free light
Comes marr’d and sullied, narrow’d by dark heaps
Of mould’ring volumes, where the blind worm revels—
Of smoke-stain’d papers, pil’d ev’n to the roof—
Glasses and boxes—instruments of science—
And all the old hereditary lumber
Which crowds this cheerless chamber. This is then
Thy world, O Faustus! this is called a world!
And dost thou ask, why thus tumultuously
Thy heart is throbbing in thy bosom why
Some nameless feeling tortures ev’ry nerve,
And shakes thy soul within ? Thou hast abjur’d
The fair fond face of nature, ever beaming
With smiles on man, for squalid loathsomeness,
Dank vapours, and the mould’ring skeletons
Of men and brutes: away! away! »

le dernier cri « away ! away!  » traduit le besoin de « fuir » ce climat oppressant, insupportable à Faust (mais non à son « famulus », Wagner, qui est l’homme limité à son intelelct abstrait calculateur, l’homme technicien en somme, qui lui se trouve très bien dans ce cachot). Et cette « fuite » porte Faust à se tourner vers la magie….

Tel est le destin de l’homme moderne, tant qu’il n’a pas développé en lui même les « organes spirituels » qui lui permettront de bâtir le « pont » (autre imagination goethéenne, présente dans le conte du Serpent Vert) vers le monde spirituel, mais sans l’aide de la magie ancienne, en gardant les acquis des Lumières et l’autonomie de la conscience claire et éveillée.

Une description de ce même destin a été donnée par l’existentialisme sartrien ou heidegerrien (tout au moins dans la première période de Heidegger).

Heidegger ignore le Moi absolu de Fichte ou l’Esprit absolu de Hegel, tout comme la conscience morale de Kant : il représente l’homme seul avec lui même, « sans dieux », jeté dans un monde absurde et incompréhensible, le monde « objectif » de la science abstraite, celui aussi que dépeint Samuel Beckett dans « Comment c’est » .

Pas de Dieu, mais à l’arrière plan des « objets » scientifiques , ou des « ustensiles » du quotidien, s’ouvre la sphère (terrifiante) de l’Angoisse et du Néant.

Un « Rien » (Nichts) dont se sont beaucoup moqués les positivistes logiques comme Rudolf Carnap, parce qu’ils ne comprenaient pas qu’il s’agit d’une réalité bien plus réelle que leurs objets idéaux et abstraits (qui ne sont que des entités logico-mathématiques).

Cette « réalité » du Néant heideggerrien, c’est celle de la Puissance adverse, un être bien réel, que va « rencontrer » Faust  : le Méphistophélès de Goethe, ou encore Ahriman de l’anthroposophie de Steiner